• Nos camarades de Charlie Hebdo viennent de payer un lourd tribut à la liberté d’expression. Plusieurs policiers font également partie des victimes.

    Nous rendons hommage à tous et à toutes ces victimes.

    Les anarchistes sont généralement athées. Ils dénoncent depuis toujours TOUTES les religions comme étant l’opium du peuple. Et TOUTES les églises, dealers de cet opium.

    Pour autant les anarchistes respectent la liberté de croyance dès lors qu’elle s’exerce dans le cadre d’une république laïque. Ce qui implique le droit de pouvoir critiquer TOUTES les religions.

    Ce droit est aujourd’hui remis en question par une bande de religieux fanatiques psychopathes.

    Dans ces conditions, notre devoir, aujourd’hui, est de critiquer, encore plus fort que Charlie Hebdo, TOUTES les religions.

    Et le devoir de nos camarades, amis, concitoyens ou tout simplement voisins, croyants, est de dénoncer haut et clair ces psychopathes.

    J.M Raynaud


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  • Petite présentation rapide, pour ceux qui ne te connaîtraient pas : né au Liban à la fin des années 70, tu débarques en France à l'âge de 8 ans. Aujourd'hui, tu vis à Montreuil, en région parisienne, pour te consacrer à la musique, notamment au groupe La Canaille, qui a sorti cette année son troisième album, La Nausée. Avec La Canaille, tu donnes une voix aux ouvriers, aux femmes, à la jeunesse, mais aussi dernièrement aux plus âgés ; à travers une poésie « qui schlingue », tu laisses donc se répandre, en une époque nouvelle, l'odeur de charbon des combats ouvriers, et continues à faire planer au-dessus de tes lignes (tes vers?) les cris des barricades.

    Pour nos fidèles et nombreux lecteurs :

     https://www.facebook.com/lacanailleofficiel

    La colère qui se dégage de tes lignes renvoie un écho fidèle de la rage des anciens, dont celle d'Aimé Césaire, symbole de l'indignation d'un « Nègre » contre les souffrances qu'a subies le peuple qui l'a vu naître. Un écho, donc, venu de si loin, dans l'espace et le temps, qui pourtant ne cesse de revenir à nos oreilles, signe d'un combat qui est loin d'être achevé.

    Plus qu'un hommage, Le Projet Césaire, aux côtés de Serge Teyssot-Gay à la guitare et Cyril Bilbeaud, réanime le cri du poète et le fait vivre par la lecture du Cahier d'un retour au pays Natal.

     

    Peux-tu, tout d'abord, présenter le texte, tel qu'il t'est apparu à la toute première lecture ?

    Marc Nammour : J'avais 18 ans lorsque je l'ai lu pour la première fois. Je n'étais encore pas très formé à la poésie ou à la littérature en général. Donc je n'ai pas pu percevoir toute sa portée mais j'ai été tout de suite touché par sa puissance. Ce cri qui s'élevait des bas fonds des Antilles. Un cri d'émancipation. Une colère qui me semblait légitime mais dont je ne comprenais pas tous les tenants et les aboutissants. Surtout que la langue de Césaire est très pointue avec des métaphores et des effets de style alambiqués. Même des mots inventés... Mais je sentais que pour moi il y aurait un avant et un après cette lecture. Que s'ouvrait devant moi un nouveau champ des possibles, une nouvelle source d'inspiration salvatrice qui m'aidera au quotidien pour combattre ce sale complexe d'infériorité propre aux immigrés et aux classes populaires.

    Peux-tu aussi me dire ce que t'évoque le titre, Cahier d'un retour au pays natal ?

    Le titre ne m'évoque pas plus que ce qu'il veut dire. Un recueil de pensées lorsqu'il retourne sur la terre où il est né... Même s'il ne l'a pas écrit là-bas mais à Dubrovnik. Ça fait référence aux racines, mais des racines errantes, itinérantes, des racines que nous transportons partout. Ce pays natal il est aussi intérieur, c'est l'histoire, notre histoire et celle de nos semblables.

    Pourquoi Aimé Césaire, et pourquoi le Cahier ?

    Parce que c'est la première pierre à l'édifice du mouvement de la négritude. Un monument poétique contre la singerie du nègre, contre l'assimilation et les horreurs du colonialisme. Qui exhorte le noir à se lever et prendre son destin en main. Qui retourne l'insulte « nègre » pour en faire un drapeau. Mais la négritude, et c'est là toute la force du propos de Césaire, c'est aussi « l'indianitude », « l'arabitude », c'est partout l'opprimé, le paria, l'ostracisé, le bouc émissaire, le souffre douleur, l'exploité.

    Comment, selon toi, intégrer l'histoire coloniale et la situation post-coloniale de la France d'aujourd'hui dans un projet de société libertaire ?

    Je laisse ce genre de questions aux grands penseurs, philosophes et théoriciens de notre époque. Tout ce que je peux affirmer c'est que nous avons le devoir de mémoire. Pour ne jamais oublier, pour se redéfinir, pour faire le lien entre les luttes passées et présentes. Pour éviter de tomber dans les mêmes écueils et pilonner les rangs de la bêtise.

    A la lecture du texte, je me suis senti pour ma part assez déchiré entre deux sentiments qui, selon moi, sont aussi ceux du narrateur (d'Aimé Césaire) : la colère exprimée est certes dirigée contre l'esclavagiste, l'oppresseur et contre toute une histoire pesante d'asservissement ; mais n'est-elle pas aussi dirigée vers les opprimés eux-mêmes, tels que Césaire les voit à son époque ?

    Césaire était en colère. Il voulait réveiller les consciences du peuple noir. Effectivement il y a des passages adressés aux « bons nègres à leurs bons maîtres ». Ceux qui ont renié leur identité, qui acceptent l'affreuse image que les blancs leurs ont renvoyé en tambourinant leurs crânes tondus. Ceux qui clopinent de petitesses en petitesses. Ceux qui se sont fourvoyés et « ont perdu leurs zébrures en une rosée de lait frais ». Ceux qui alimentent consciemment ou inconsciemment les rouages de l'exploitation.

    La lecture que tu fais du texte montre bien son évolution, qui nous plonge d'abord dans ce décor pacifique des Îles, pour rapidement plonger le lecteur dans une profonde indignation lorsque surgit le mot « Nègre », comme une sentence, une rupture. Peux-tu me parler de ce lien, extrêmement fort, entre le poète et le lecteur, qui fait du mot – et non seulement du mot mais aussi de l'ensemble d'une œuvre – un véritable acte politique ? Qu'est-ce que ce choc, lorsqu'on entend ce mot, Nègre ?

    Dans cette lecture musicale c'est la première fois que je scande des mots qui ne sont pas les miens. Je suis avant tout un auteur. Je ne suis pas un interprète. Pour avoir envie de porter cette parole, il fallait vraiment que je me retrouve dans chaque virgule du texte, au point d'avoir l'impression que ces mots sont les miens. Que je sois ce nègre ou en tout cas que je le devienne. Une fois que je suis chargé de ça émotionnellement, je n'ai plus qu'à me laisser porter par les mots. Ils sont tellement justes et beaux qu'il n'y a qu'à les prononcer pour faire mouche. Et le nègre comme dit précédemment c'est bien sûr le mulâtre, le noir Banania, le nègre du commerce triangulaire, tant de références qui font froid dans le dos. Alors c'est sûr que quand ce mot arrive il glace le sang. Mais le nègre c'est aussi le prolétaire. Puisque ce texte est un cri d'émancipation, puisque l'étau se ressert de plus en plus autour du cou des fils de rien, la force et la pertinence politique de remettre au goût du jour cette parole paraît élémentaire pour ne pas dire nécessaire.

    Bien sûr, ce n'est pas seulement une lecture, puisqu'elle est mise en musique. Sur ce point, peux-tu me parler de cette collaboration avec Serge Teyssot-Gay et Cyril Bilbeaud, et m'expliquer comment elle est née ?

    On s'est rencontré lors du festival littéraire le goût des autres au Havre en 2012. On avait carte blanche pour mettre en musique un texte des poètes de la négritude. On a choisit le Cahier. Musicalement la rencontre s'est faite en public lors de la clôture du festival. On s'était interdit de répéter avant. On y est allé en totale impro. C'était un vrai parti pris artistique et politique. À nue, à l'écoute, en tension, centré sur ce qu'on défendait, sur cette parole chargée de souffrances mais aussi de rêves et de révoltes. Musicalement Serge et Cyril se connaissent très bien mais pour ma part c'était la première fois qu'on travaillait ensemble. Ça a été magique. À la fin de la lecture il y a eu ce silence de deux, trois secondes avant d'entendre progressivement la salle se lever et manifester son émotion. J'adore ce genre de moments car ce ne sont pas des applaudissements automatiques.

    Tout comme la lecture montre l'évolution du texte (en retardant l'arrivée du « Nègre » tout en le faisant hanter l'ensemble du spectacle), la musique plonge la salle dans une atmosphère un peu dérangeante, pesante, que tu accentues par le jeu que tu fais avec la lecture (ton entrée en scène, notamment). Qu'est-ce que la musique apporte à un tel texte ? Qu'est-ce que CETTE musique, celle de tes compagnons de scène, apporte au texte ?

    Sur scène on se nourrit mutuellement. La moindre note, le moindre son, la moindre respiration va avoir une incidence sur le jeu des autres puisque nous nous réinventons à chaque date. La musique est au service des mots. Elle peut prendre le contre-pied ou renforcer la pensée. Elle peut être minimaliste comme hyper sonique. Elle peut tordre l'ambiance ou être douce et mélodieuse. Ce n'est pas une succession de titres mais un titre d'une heure et demi où on joue aux montagnes russes avec les oreilles de l'auditeur. La musique qui en ressort donne de la puissance aux mots, propose un lit pour qu'ils résonnent. Alors oui c'est souvent tendu, pesant, dérangeant, mais comment envisager une autre ambiance sur cette prose. C'est un spectacle profondément vertical. Nous sommes là pour faire entendre la rage de Césaire avant tout et la musique en est imbibée.

    Cette question me permet (quelle maîtrise) de changer de sujet, si tu le permets. D'ailleurs, ce n'est pas vraiment un changement, puisque j'aimerais te parler de La Canaille maintenant, et particulièrement de ton dernier album, La Nausée. Est-ce vraiment autre chose ? Je veux dire, on sent bien la parenté de cet album avec le Projet Césaire, et la cohérence avec ce que tu as pu faire avant. Mais tes textes semblent davantage parlés, et on entend cette intonation que tu donnes à la lecture de Césaire. Comment expliques-tu cette évolution ? Est-ce particulièrement Césaire qui t'a influencé récemment, ou est-ce un mouvement plus général ? (Désolé, les questions sont de plus en plus longues, et de moins en moins claires!)

    Effectivement je n'ai pas du tout l'impression de me placer différemment. Je suis dans la continuité, au sens de défendre une direction artistique poétique, politique et subversive. Le fait de porter cette langue avec cette richesse et cette pertinence te renvoie forcément avec ce que tu écris. Donc forcément ça a influencé mon écriture, comme d'ailleurs toutes les lectures qui m'ont marqué. Le plus marquant peut-être a été l'usage de l'écriture en prose. J'ai commencé à écrire en prose avec l'Opérap que j'ai écrit en 2012. J'ai eu beaucoup de plaisir et trouvé que ça correspondait bien avec ce que j'avais envie d'exprimer. J'ai donc continué avec le troisième album de La Canaille, écrit moitié en prose moitié en rime. Je suis toujours en recherche afin de ne pas me répéter. Et puis la prose permet de toucher autrement. Tu choisis le mot non pas par son son mais par son sens. Tu es plus libre rythmiquement, donc les mots se prononcent différemment. Il y a plus de respirations. C'est plus parlé, avec la proximité d'une discussion de comptoir avec l'auditeur et je trouve ça intéressant.

    On te sent, dans ce dernier album, plus proche de la place publique : tu sors davantage de l'usine, pour te pencher sur une France fragile et meurtrie. Pourquoi passer du particulier (l'usine et son individu l'ouvrier, comme dans Le Dragon), au plus général (Jamais Nationale, même si elle est écrite à la première personne, s'inscrit complètement dans un contexte politique et apparaît comme un message publique) ?

    Je n'ai pas ce sentiment. J'ai toujours raconté des histoires, dressé des portraits ou balancé des coups de gueules. Je me suis toujours inspiré de l'actualité, de l'air du temps, de la condition des petites gens. Je ne déroge pas à la règle sur ce dernier album, sauf que je pousse le bouchon encore plus loin musicalement comme au niveau de l'écriture. Parce que je progresse, parce que mes expériences poétiques me nourrissent et me poussent à devenir de plus en plus exigeant avec moi même. Mais je reste toujours dans mon rôle de chroniqueur, de photographe qui prendrait des clichés de moments et qui les partage avec qui veut bien l'entendre.

    Quelque chose se prépare, c'est le titre d'une de tes dernières chansons. On peut aussi évoquer Le soulèvement aura lieu, de l'album précédent : même lorsque tu chantes la colère, la rage, « chez moi l'ambiance est bien trop morne » dis tu aussi dans Briller dans le Noir, tu montres aussi cet espoir auquel tu t'accroches, celui que quelque chose se prépare. Qu'est-ce qui te pousse à espérer (à être certain, peut-être?), qu'un soulèvement aura lieu ?

    L’espoir est toujours dans la lutte. Le combat est quotidien qu'il soit social ou personnel. Pour nous rien n'est acquis. Il faut se battre pour tout. Pour nourrir sa famille, pour s'élever, pour s'instruire, pour changer le monde, pour sortir un disque... C'est quelque chose que mes parents m'ont transmis. Si ça pète je reconstruis. Tout ce que tu obtiens c'est à la sueur du front. Les passes droits n'existent pas, pas de fleurs ni de tapis rouge chez nous, plutôt des bâtons dans les roues. Voilà pourquoi je ne me résignerai jamais, sinon c'est la mort ou la défaite assurée. Moi je veux vivre et je suis un très mauvais perdant, alors je me bats sans relâche avec cette phrase qui résonne dans ma tête : plutôt vivre un jour comme un lion que cent comme un chien.

    Pour terminer, j'aimerais que tu me parles de ton engagement, de tes convictions, qui envahissent tes morceaux : pourquoi les libertaires ? Qu'est-ce qu'être libertaire, aujourd'hui, et comment vis-tu ton combat ?

    Honnêtement je n'ai pas vraiment d'étiquète politique précise mais je me reconnais dans les valeurs d’extrême gauche. Je constate une lutte des classes de plus en plus violente, je suis profondément athée, anti-capitaliste, humaniste, et par les temps qui courent je suis bien évidemment révolutionnaire.

    Après quelle doit être la place de l'état dans tout ça, puisque c'est cela qui différencie les communistes des anarchistes, je n'en sais rien. Je n'aime pas les guerres de chapelle, j'aime quand cette petite minorité politique se réunit dans les luttes.

    Quand tu vois le barouf (légitime) que déclenche la mort de Rémi Fraisse dans les rangs des militants, n'es-tu pas dégoûté que les assassinats de la police dans les banlieues (et ailleurs) de pékins "ordinaires" ne fassent pas plus de vagues que ça?

    Quand la police tue, et elle tue de plus en plus malheureusement, et que des pauvres comme par hasard, je fais partie des voix qui s'insurgent avec force contre les auteurs du crime et qui réclament justice. Et là c'est David contre Goliath. Le silence autour de ce genre d'affaires ne m'étonne pas du tout. La désinformation n'est pas nouvelle et s'accentue à mesure que la misère progresse. Normal, c'est un désaveu total de l'imagerie de la police bienveillante que voudrait nous faire passer nos chers gouvernements. Mais je ne veux pas faire de l'anti-flic primaire, la réalité est plus complexe que ça. Néanmoins la célèbre phrase : « La police nous protège mais qui nous protège de la police » paraît de plus en plus pertinente aujourd'hui.

    Toujours dans le même ordre d'idée, et en ayant en tête et ton engagement contre le dogme religieux, et un bout d'un de tes textes (« Crier révolution ne fais pas de toi un révolutionnaire »), que penses-tu de ces gens qui soutiennent les rebelles du Chiapas sans poser de questions sur leur spiritualité, mais qui ne veulent pas aller en banlieue parce que l'Islam est "omniprésent" ?

    Je pense qu'on a besoin de tous les bras et de toutes les têtes possibles. Que ce soit dans les banlieues ou ailleurs l'heure est à occuper le terrain. À se souder les coudes, à s'organiser pour construire de meilleurs lendemains. Donc je salue toutes les initiatives qui iraient dans ce sens. Je ne veux ni dieu ni maître parce que je considère que c'est le meilleur moyen pour vivre ensemble. Je constate un retour à l'obscurantisme frappant et surtout dans les quartiers populaires. Laisser l'enceinte de ces zones désolées aux religieux de toutes sortes comme c'est ce qu'il se passe en ce moment est une grossière erreur. Je constate qu'il n'y a presque plus de centres de santé par exemple mais de plus en plus de temples pour chanter la gloire d'une idole. C'est terrible. Ce n'est pas comme ça que la condition ouvrière va pouvoir progresser, et surtout la condition des femmes. On a besoin de plus de conscience politique pour ne pas dire de classe pour s'imposer contre cette minorité qui nous exploite, nous asservit et nous divise pour mieux régner. La religion à mon sens ne met que de l'huile de coude à cet odieux mécanisme de réduction.

    Je te remercie, les millions de visiteurs de notre blog te remercient également, pour ton attention et le temps que tu as pu accorder à cette interview ! Quelque chose à ajouter, pour me montrer que je ne pose pas les bonnes questions ?

     

    Achetez les disques de la scène indé et venez la voir en concert. Il n'y a que comme ça que vous lui permettrez de continuer d'exister et de résister à ce rouleau compresseur qu'est l'industrie de masse. À bon entendeur salut !

     

     


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  • Le premier "Festival mondial des résistances et des rébellions contre le capitalisme" a débuté le 21 décembre à Lerma, accueilli par la communaué Ñatho de San Francisco Xochicuautlal, dans les montagnes à 2 500 mètres d'altitude. Il est organisé par l'EZLN et le CNI (Conseil national indigène). L'invitation :« Nous venons partager les souffrances et les douleurs que nous cause ce système néolibéral. Mais pas seulement. Nous venons aussi clairement partager les précieux savoirs, les expériences de lutte, d’organisation. Enjeux et défis face aux envahisseurs capitalistes néolibéraux qui nous causent tant de maux. »Sa devise : "Là où ceux d'en haut détruisent, nous, ceux d'en bas, reconstruisons".  43 chaises vides représentent les étudianits de l'école normale rurale d'Ayotzinapac, connue pour être un bastion de la contestation sociale dans le Guerrero, "disparus" le 20 septembre.
    La majorité des communautés du CNI sont en lutte contre le gouvernement et le secteur privé, qui détruisent les lieux essentiels pour la survie des villages, rivières, montagnes, bois…, pour construire autoroutes, acqueducs, installer mines, conduites de pétrole... :
    « À présent, nous nous rendons compte que quatre maladies affectent nos frères mexicains. La première est l’ignorance ; nous ignorons le danger que la Terre Mère est en train de vivre. La deuxième est l’apathie… La troisième est la peur… La dernière et la plus grave maladie qui affecte les gouvernants est l’argent… »

    Notre compagnon du groupe Salvado Segui y représente la fédération anarchiste.Voir toutes les informations sur son blog :

     


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  • Qui est Fernando Bárcenas?

    Le 13 décembre 2013, suite à une manifestation contre la hausse des tarifs du métro où un arbre de Noël appartenant à la multinationale Coca-Cola aété incendié, Fernando Barcenas Castillo a été arrêté et se trouvait enprison préventive dans la prison Nord de la ville de Mexico où il attendait avec impatience son procès. C’est ce 11 décembre que nous avons appris qu’il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique, délit qui l’empêche de sortir sous caution. Fernando a 19 ans, avant d’être arrêté, il était étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH), siège Vallejo, établissement appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM).

    Lettre de Fernando Bárcenas, 15 décembre 2014 :

    Aux esprits libres et rebelles
    Aux opprimés et marginaux
    Au peuple en général

     

    Aujourd’hui, cela fait officiellement un an qu’a démarré ma réclusion. Le
    10 décembre 2014, j’ai été condamné à 5 ans et 9 mois de prison, accusé
    d’attaques à la paix publique et d’association délictueuse. Ces
    accusations sont fondées sur de simples suppositions et sans preuves
    réelles qui montrent ma culpabilité. Pour ce qui est du délit
    d’association délictueuse, le seul fait que signale l’accusation est le
    port d’objets avec des inscriptions de protestation et de revendication
    anarchiste, ce qui laisse voir clairement qu’il s’agit d’une
    criminalisation idéologique à tendance diffamatoire et discréditant les
    idées anarchistes et libertaires.

     

    Historiquement, à toutes les époques, une série d’idées, de pensées,
    d’informations en général ont été occultées pour que les individus n’aient
    pas à y réfléchir. Cependant, il y a toujours des personnes, des individus
    qui refusent d’être aligné-e-s, non-conformes avec ce qu’il est permis de
    faire, d’être et de penser. Nous avons choisi de risquer nos vies dans la
    recherche d’une liberté authentique.

     

    Et quand nous avons fait face aux mal-être social, produit de la
    hiérarchie, nous avons été appelés auteurs du désordre et ils nous ont
    envoyé peupler les prisons.

    Or, dans la prison, la rébellion ne s’achève pas, car c’est dans la prison

    que le rebelle s’assume complètement et tout doute ou contradiction qu’il
    pourrait y avoir dans ses pensées se dissipe, il finit par être encouragé
    et par devenir plus fort idéologiquement. En rentrant dans la prison un
    cycle de lutte finit et un autre, nouveau, commence, mais cette fois ci
    plus radical, plus cohérent et plus complet.

    À bas les murs des prisons et que la liberté continue son cours inexorable, jusqu’à ce que nous soyons tous libres !
    Fernando Bárcenas
    --------------

    Communiqué commun en solidarité avec Fernando Bárcenas Castillo

    Au compagnon Fernando Bárcenas Castillo,
    À ses amis et à sa famille
    À la Croix Noire Anarchiste du Mexique
    À ceux et celles qui sentiront ces mots comme les leurs

    Compagnons et compagnonnes
    Il y a quelques jours, grâce aux nouvelles que vous diffusez vous-mêmes

    -loin des miettes que la presse vendue diffuse de plus en plus – nous
    avons appris avec beaucoup de rage, que le compagnon anarchiste Fernando
    Bárcenas Castillo, a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour le
    délit d’attaques « à leur paix » publique, à la paix que le pouvoir
    confond avec servilité, soumission, silence, dissimulation, mensonge et
    réclusion…. cela c’est leur paix, mais ce n’est pas la nôtre. Ils sont
    tellement préoccupés de la maintenir (leur paix) qu’il y a quelque jours,
    nous avons appris la mise en oeuvre de la loi anti-manifestations. Avec
    cette loi, ils sont en train de dire que rien, ni même les rues
    n’appartiennent au peuple, et en fait le message est clair : « légalement
    », ils disent au peuple de se taire et de cesser de protester.

     

    Aujourd’hui, en reconsidérant les cas des compagnon-ne-s anarchistes
    arrêté-e-s au Mexique, nous nous sommes rendus compte que tous et toutes
    ont été condamné-e-s pour attaques à « leur » paix publique… Au jour
    d’aujourd’hui, aucune des autorités ne peut donner de leçons de paix, à
    présent, ce sont eux – aux yeux de nous tous et toutes – les assassins ;
    l’État mexicain s’est détruit de l’intérieur, ils se sont entre-dévorés en
    essayant de récupérer les miettes par le biais de leurs mensonges et de
    leurs fables inventées, et pourtant, toutes leurs tentatives sont vaines,
    combien de fois lors des dernières semaines, dans les mobilisations pour
    Ayotzinapa, nous avons entendu dans les rues, dans les écoles, les
    couloirs, dans les manifestations, ces paroles  : Nous ne vous croyons
    plus !Vous n’êtes ni ne serez jamais des nôtres, qui sommes et vivons ici
    en bas !

     

    Les lettres du compagnon Barcenas, ses mots, rendent compte d’une réalité
    partagée par beaucoup des jeunes, où que nous soyons, d’où que nous
    venions et où que nous résistions, nous sommes les mêmes, ceux de
    toujours, ceux d’en bas, ceux qui reçoivent les coups, les menaces, la
    réclusion, la mort, et selon les propres mots de Bárcenas que nous
    répétons aujourd’hui : « Nous sommes les jeunes humiliés et harcelés par
    les CRS, les renseignements généraux et toutes les sortes de forces
    répressives « qui construisent leur démocratie ». Nous sommes la cible
    quotidienne de leur abus de pouvoir. Nous sommes les blessés lors des
    manifestations ; on nous a cogné la tête contre le bitum, nous avons été
    humiliés, et notre dignité a été piétinée sous leurs bottes, ils nous ont
    cassé les jambes à coup de matraques et nous ont rempli les poumons de gaz
    lacrymogène ».

    Oui, Fernando, c’est vrai tout ce que tu dis, mais nous à la différence

    d’eux, nous sommes là, nous regardons vers le bas, et nous trouvons un
    compagnon de plus accusé par leurs lois qui sont devenues une farce, une
    méthode et une pratique quotidienne pour emprisonner la rébellion et la
    dignité.

    Nous, à la différence d’eux, nous nous solidarisons sans aucun intérêt,sans rien attendre en échange, nous te disons compagnon Fernando, que nous sommes là, et que depuis ce jour nous avons commencé à diffuser l’information de cette étape où l’enfermement de la rébellion au Mexique et dans le monde sont des consignes gouvernementales.
    Nous te voyons et nous nous reflétons en toi, et aujourd’hui, nous te disons que tu n’es pas seul, courage et force, compagnon !
    Nous envoyons une salutation non seulement au compagnon Bárcenas, mais également à Abraham Cortez Avila, Luis Fernando Sotelo Zambrano, Carlos López, Fallon Roullier, Amelie Trudeu, aux prisonniers du 15 de novembre et aux inculpés du 20 novembre.

    Vous n’êtes pas seul-e-s nous sommes là !
    Prisonnier-e-s dans la rue !!!

    En solidarité:

    Les trois passants, Paris, France – Caracol Solidario Besançon, France –
    Comité de Solidaridad con Mario González, Ville de Mexico – Ass. Solidaria
    Cafè Rebeldía-Infoespai, Barcelone –  Mut Vitz 13, Marseille, France –
    Confederación General del Trabajo , État espagnol – ASSI (Acción Social
    Sindical Internacionalista) – Centro de Documentación sobre
    Zapatismo,CEDOZ, État espagnol – Associazione Ya Basta! Milano, Italie –
    La Pirata: Nodo Solidale, Italie et Mexique, Colectivo Zapatista de
    Lugano, Suisse, Nomads, Italie et Berlin, adhérents individuels –
    l’Adhesiva, Barcenole – Terre et Liberté pour Arauco, Paris, France-
    CSPCL, Paris, France- UK Zapatista Solidarity Network: Dorset Chiapas
    Solidarity Group, Edinburgh Chiapas Solidarity Group, Essex Zapatista
    Solidarity Group, Kiptik Bristol, London Mexico Solidarity Group,
    Manchester Zapatista Collective, UK Zapatista Translation Collective,
    Alternative libertaire, France.

    Traductions les trois passants et Caracol Solidario /correction Myriam

    ♦ Voir aussi L’État Mexicain est en train de durcir ses méthodes
    répressives/Tous les compagnons et compagnonnes anarchistes ont été déjà
    condamnés sur:
    https://liberonsles.wordpress.com/2014/12/12/letat-mexicain-est-en-train-de-durcir-ses-methodes-repressives-et-carcerales/


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